Survivalisme urbain

Ce texte est extrait du site d’Alex Ricwald, expert français du survivalisme que l’on pourrait qualifier de « social » pour le différencier d’autres auteurs plus spécialisés dans le « recours à la campagne ». Il traite de façon pragmatique les problématiques de survie individuelle dans un contexte aujourd’hui très probable « d’effondrement économique et/ou étatique » pour en apporter des solutions concrètes.
Tout homme occidental doit s’intéresser à son travail (1).

Quand on parle de survivalisme et de préparation à la rupture de la normalité, on pense tout de suite à aller vivre à la campagne. Mais la réalité est que la plupart d’entre nous n’en ont pas les moyens financiers. Et/ou ont des contraintes (travail, conjoint(e), enfants, etc.) qui empêchent un changement de vie. Je vais donc clarifier le concept de survivalisme urbain. Qui concerne en fait la grosse majorité des intéressés par le sujet. Cela reste un passage obligé pour la plupart d’entre nous vers une stratégie de préparation + globale. Le survivalisme urbain c’est (en 3 points et en moins de 5 minutes) :

Une organisation spécifique du quotidien

La première étape est de se renseigner et de prendre conscience des risques auxquels on est exposé, en fonction de qui on est et où l’on vit. C’est ce qu’on appelle l’analyse des risques. À l’échelle de l’individu, c’est assez simple à faire. Il suffit de lister l’ensemble des risques probables pour lesquels on est exposé (sans paranoïa et en restant réaliste). Puis de les trier par leurs impacts possibles sur sa vie, couplé à la probabilité (estimée) que ces risques arrivent vraiment. Tout le monde aura une analyse des risques qui sera personnelle. Parce que chaque individu a une situation différente. C’est pourquoi chacun doit prendre le temps de faire la sienne avant de se lancer dans une démarche de survivalisme ou de préparation à la rupture de la normalité.

Une fois qu’on a fait l’analyse des risques personnelles, on peut identifier les crises prioritaires que l’on doit préparer au niveau personnel. Dans la plupart des cas, se concentrer sur les 3 scénarios qui finissent tout en haut de son analyse des risques personnelle permet de déterminer les axes principaux de sa stratégie de préparation. Et à partir de là, on mettra en place un système de type fond de roulement pour tous les domaines du quotidien (nourriture, finance, hygiène, défense, etc). Je ne parle pas de stock, mais bien de fond de roulement. Car je parle de survivalisme urbain ici, et la réalité est qu’en milieu urbain, la plupart des gens manquent de place. Donc les gros stocks sont limités et de toutes façons selon moi pas forcements nécessaires…

En + de ça, il s’agit de se préparer simultanément à vivre en dépendant moins du système. Diminuer progressivement sa consommation d’énergie. Apprendre à vivre avec peu tout en restant heureux. Apprendre à faire pousser un petit potager urbain. Passer + du temps dans la nature. Faire une formation de premier secours. Se familiariser à l’utilisation d’arme de défense. La liste est longue. Même si on habite en ville, ça n’empêche pas d’apprendre et de tester. Surtout à l’ère d’internet, car RIEN ne remplace l’expérience.

Être en ville, cela n’empêche pas de se connecter avec d’autres personnes qui partagent la même vision du monde et qui sont intéressés par les mêmes activités, bien au contraire. En ville, qui on connait et pourquoi on les connait est selon moi très important. Mais je ne développerai pas ce point ici. Il est souvent intéressant de se construire petit à petit un réseau personnel basé sur des relations bénéfiques mutuelles entre les membres.

Que faire dans un contexte insurrectionnel où le pouvoir, cerné, serait prêt à toutes les extrémités ?

Pouvoir absorber le choc d’une crise

Appliquer le point numéro 1, c’est avoir anticiper et prévu le + probable et le + dangereux à l’échelle personnelle. Au final, se préparer et anticiper intelligemment, c’est se donner les moyens de pouvoir prendre une bonne décision pour soi-même et les siens. Quand la situation dérape et qu’il faut agir vite.

Aussi quand on parle d’absorber le choc d’une crise, on ne parle pas uniquement de l’aspect matérialiste et de l’apprentissage. Les 2 meilleurs atouts de survie que l’on possède sont notre cerveau et notre corps. On a tendance à l’oublier aujourd’hui, mais le mental et le corps doivent être renforcés par une pratique et un effort adapté qui doit se durcir avec le temps. Prolonger sa bonne santé grâce à un style de vie sain et de qualité est une priorité. Cultiver son mental et sa volonté de puissance est aussi une priorité. Travailler sa condition physique primale est une priorité. Le monde moderne nous a rendu faible. Le système nous vole notre énergie et nous a mis dans des cages mentales. Il faut donc prendre ses dispositions personnelles pour inverser ce phénomène.

Savoir quand, comment et où évacuer

Soyons honnêtes. En cas de rupture de la normalité grave, le survivalisme urbain n’est pas tenable sur le long terme pour la plupart d’entre nous. Disons que + la ville est grande et moins ce sera tenable. Un repli avec les siens dans un lieu + calme est quasi obligatoire en attendant un potentiel retour à la normal. Quitter son domicile n’est pas une décision facile. En + si c’est le bordel dehors, le domicile sera plus exposé au vol, incendie, pillage, etc. Mais l’objectif d’une évacuation réussie n’est pas de sauver le vieux meuble de grand-mère, mais de se mettre en sécurité avec les siens. Dans une stratégie de survivalisme urbain, il faut donc absolument savoir quand, comment et surtout où évacuer s’il n’y a plus d’autres choix.

La première condition pour évacuer, c’est d’avoir un point de chute. Et je précise que la forêt n’est pas un point de chute ! Un point de chute, c’est une résidence secondaire pas trop loin d’où vous habitez. Mais situé au calme, en marge des grands centres et réseaux urbains. Cela peut-être chez la famille où chez des amis qui habitent à la campagne, tout simplement. Pas forcément besoin de créer sa propre ferme autonome en mode château fort. De toutes façons, la plupart des gens n’ont pas les moyens financiers. Ni le temps pour se le permettre, donc cette solution est caduque 99% de temps. Sauf si tu fais partie des 1% pour qui c’est possible, et c’est tant mieux pour toi :).

Une fois qu’on s’est trouvé un point de chute solide, on peut préparer les fameux sacs d’évacuation. Ils doivent être le + léger possible et adaptés aux besoins et contraintes de chaque porteur. Dans le même temps, on doit en avance repérer, tester et marquer les itinéraires d’évacuation possible avec les moyens de locomotion associés. Parfois la voiture n’est pas la bonne solution, parfois c’est le cas. Cela dépend d’où vous habitez, de la condition physique générale de votre petit groupe, etc. Donc bien y réfléchir. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’évacuation (bien que nécessaire à préparer en survivalisme urbain) n’est pas forcement toujours la bonne solution. D’ailleurs si vous n’avez pas de point de chute autre que la forêt, l’évacuation ne sera pas forcément une bonne idée. Même s’il y a des risques en ville, tout dépend de la situation sur le moment.

Des risques de pénurie alimentaire à craindre dans les grands centres urbains, en cas de crise majeure.

Alors, c’est quoi le survivalisme urbain ?

Le survivalisme urbain n’est pas une solution sur le long terme. C’est une solution d’initiation et de transition. Cependant, c’est l’amorce pour une vie moins dépendante du système sur le long terme. Couplé à une prise de conscience globale, car on peut sans problème commencer une stratégie de résilience en milieu urbain. C’est juste qu’au bout d’un moment, les possibilités seront limitées. Mais il y a déjà un bon bout de chemin à parcourir avant d’être limité par le milieu urbain. Tout ce qu’on peut apprendre en milieu urbain pourra être utile plus tard pour une éventuelle relocalisation et un changement de vie dans un endroit + calme. Aussi, chacun aura un niveau de sécurité mental différent.

Donc le survivalisme urbain, c’est une organisation spécifique du quotidien. Elle permet d’absorber le choc d’une crise pour se donner les moyens de prendre la bonne décision au bon moment. Tout en préparant un potentiel futur changement de vie, en fonction des opportunités qui se présenteront sur votre chemin. La question c’est : qui saura les identifier et les saisir ?

(1) Vous pouvez retrouver tous les textes et les services proposés par Alex Ricwald sur son site https://www.alexricwald.fr

 

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