La Pyramide de survie comme outil de Développement Personnel

On peut émettre toutes sortes d’avis négatifs sur l’univers survivaliste, qu’il soit francophone ou non (complotisme, déconnexion avec le réel, catastrophisme, millénarisme, etc.). Néanmoins certains outils développés par ce maquis sont tout à fait dignes d’intérêt.

Comme nous le verrons, ils peuvent à la fois être employés dans d’authentiques situations de survie, en contexte hautement dégradé, mais ils peuvent tout aussi bien être employés dans des cadres beaucoup plus « standards », comme la gestion de projet, par exemple.

L’outil présenté dans cet article est la « pyramide de la survie ». On pourra y trouver certaines similitudes avec la fameuse pyramide de Maslow, néanmoins cette pyramide de la survie, par sa logique et sa simplicité, dépasse de loin l’outil développé par Maslow qui est aujourd’hui surtout employé dans l’univers du marketing. Aussi, comme expliquée en introduction, elle peut être employée dans une très large variété de contextes.

Cet outil définit l’ordre de stratification des besoins nécessaires pour faire face à une situation dégradée. Cet ordre est le suivant :

1-    L’attitude

2-    Les connaissances

3-    Le physique

4-    Les outils

La puissance des outils survivalistes provient de leur dimension « opérationnelle ». Les modèles survivalistes brillent en effet par leur simplicité logique. Aussi, ces techniques et raisonnements peuvent-ils être facilement et volontairement extraits de leur univers de départ pour être employés à des fins autres, telle que le développement personnel ou encore la gestion de projet.

 

Adopter un mental actif et maintenir intacte sa capacité à apprendre


L’attitude

Il s’agit de l’état d’esprit dans lequel nous nous inscrivons face à un évènement, à une situation, ou plus largement de notre vision du monde. Il s’agit, de très loin, de l’élément fondamental qui sous-tend nos actions.

Développer la bonne attitude face à la vie, celle qui ne s’apitoie pas et qui vise toujours à accroître la vitalité en soi, reste une aptitude fondamentale, si ce n’est l’aptitude ultime.

En situation de survie, sans désir profond de perdurer, la probabilité d’abandonner le combat est donc de mourir est naturellement bien plus élevée. À l’inverse, un individu habité par la rage de vivre, et connaissant la réelle saveur de l’existence, développera naturellement des capacités de survie supérieure.

L’attitude face à l’adversité est fondamentale, car elle distingue très clairement ceux qui aiment la vie de ceux qui la détestent.

Développer la bonne attitude passe par une large variété de canaux.

Par exemple, on peut citer la prise en exemple des grands personnages classiques, ou encore l’appropriation de certains maîtres à penser (religieux, philosophiques, etc.).

On peut aussi citer les nombreux outils existants dans l’univers de la préparation mentale (méditation en pleine conscience, hypnose, etc.). Ces outils peuvent être efficaces pour modifier votre attitude face à la vie.

Ces écoles que sont l’armée ou le scoutisme sont aussi des lieux où certaines vertus propices au développement de la bonne attitude sont enseignées.

Au fond, il s’agit de s’efforcer de ne jamais devenir un homme blasé ou aigri, mais bien plutôt de rester un étudiant éternel. Étudiant au sens noble du terme, c’est-à-dire de rester curieux, humble et travailleur, tout en désirant accroître ses mérites.

Il s’agit de toujours tirer des leçons constructives de ses propres expériences, même les plus difficiles.

La bonne attitude, en quelque sorte, pourrait s’apparenter au fait de « se mettre à l’école », c’est-à-dire suivre une discipline, tout simplement.

 

Les connaissances

La seconde strate de la pyramide de la survie regroupe les savoirs et compétences.

En situation de survie, savoir que la laine est un textile infiniment plus efficace pour maintenir une bonne régulation thermique que le coton peut faire une différence certaine.

Dans des contextes plus apaisés, savoir employer tel logiciel ou tel outil peut aussi faire une nette différence dans votre vie.

La base fondamentale reste néanmoins la culture générale, au sens classique du terme. Posséder des connaissances larges dans une grande variété de domaines peut en effet vous aider à dominer dans toutes sortes de situations.

Par exemple, votre culture peut vous aider à adapter votre niveau de langue en fonction de vos interlocuteurs et ainsi vous en faire des alliés. Être en mesure d’entretenir des discussions constructives et pertinentes, tant avec un maître de conférences en Histoire qu’avec un jeune homme accroc au gaming, peut faire de vous une personne en mesure de dominer dans de nombreux espaces.

Les stratégies de survie peuvent prendre des formes inattendues.

 

Le physique

Paradoxalement, cette strate liée au corps et aux capacités physiques ne vient qu’en troisième position.

Posséder un outil physique polyvalent, alliant endurance et puissance, semble en effet être un atout évident en situation de survie. Néanmoins, posséder un physique de fer tout en étant dépourvu d’un état d’esprit propice aboutira logiquement, en contexte dégradé, à votre mise en péril.

Dans un cadre plus serein, cette tendance s’observe via l’intermédiaire du développement du coaching sportif. Ce type de coaching met l’accent sur l’alimentation « healthy » et le développement des capacités physiques. Surtout, cet univers semble mettre en avant le fait qu’opter pour une attitude saine avec son corps est en soi une technique de développement personnel.

Or, sans vision du monde ferme, sans une attitude et une philosophie qui sous-tendent nos actions, ces efforts alimentaires et physiques sonnent creux et ne servent qu’à alimenter des fils Instagram.

Les recettes pour maintenir un bon physique sont très bien connues. Nul besoin de s’étendre sur ces aspects. Il s’agit d’éviter les excès de la table, de manger en conscience, de faire bouger son corps, d’entretenir son cœur et ses muscles, etc.

 

Les outils

Les outils ne sont que la pointe de la fusée.

Ils peuvent faire une nette différence, certes. Il est évident que dans la plupart des cas un appareil photo réflex aura des capacités supérieures à un simple compact. Néanmoins, sans les connaissances techniques nécessaires à l’usage d’un appareil pro, il est évident que vous n’irez pas loin dans le domaine de la photographie… et qu’un simple compact aurait suffi à vos réels besoins.

Les outils, les solutions techniques, dans de nombreux cas, ne sont que des cache-sexes ou encore des objets statutaires.

L’argent, outil ultime de notre modernité, doit justement être perçu pour ce qu’il est : un vecteur de transmission.

L’alpinisme reste l’une des dernières possibilités humaines de se confronter à la nature.

 

Mise en situation

Ainsi, cette matrice qu’est la pyramide de la survie peut-elle être employée dans une large variété de spectres. Dans le cadre d’un projet, l’emploi de ce canevas de réflexion peut-être décisif.

Nous utiliserons comme exemple le projet d’ascension dans les Alpes de Jean.

Jean a décidé de gravir le Mont-Cervin, en Suisse, histoire de s’arracher quelques jours à sa monotone vie de bureau où il peut profiter grassement de la lumière crue des néons. Le Matternhorn, 4478 mètres tout en gneiss, en arêtes et en glace. Surtout, une forme mythique, l’archétype de la haute montagne. Jean le rêve depuis des mois.

Se rappelant d’une méthode de gestion de projet vue sur un blog il y a quelques années, il commence à lister sur un fichier texte de son PC les quatre niveaux nécessaires à l’aboutissement d’un projet.

 Dans un premier temps, « l’attitude ». Jean, durant quelques minutes, se contraint à entretenir une réflexion sur le « pourquoi » de son projet. Quelles sont les forces qui le poussent à gravir cette montagne ? Quel sens et quel regard porter sur cette aventure sportive en gestation ? Est-ce seulement une aventure sportive ? Jean se prend ainsi à interroger ses conceptions philosophiques et spirituelles de l’existence. Il se prend à conscientiser l’idée de la mort et du sacrifice. Et aussi l’idée de la beauté.

 Dans un second temps, Jean se penche sur ses « connaissances » liées à la haute-montagne et à l’alpinisme. Elles sont faibles. Jean, se rendant compte de ses lacunes, décide d’établir une liste de vidéos à consulter. Il décide également de passer en librairie afin de se procurer un ou deux ouvrages concernant la montagne et ses risques.

 Puis, Jean s’interroge sur ses capacités « physiques ». Sera-t-il capable d’aller au bout de son projet d’ascension ? Un échec lié à ses capacités sportives serait pour lui dévastateur sur le plan psychologique. Il décide donc d’établir un programme de remise en forme incluant plusieurs séances par semaine. Il verra aussi avec son « manager » pour prendre une semaine de vacances avant l’été afin d’aller s’aguerrir en altitude. 

 Enfin, Jean finit par se pencher sur la liste des outils nécessaires à son succès. Il se rend compte qu’il ne possède aucun matériel adapté et que l’achat serait peut-être ridicule étant donné sa faible pratique de la montagne. Il se dirige rapidement vers la solution de la location. Il établit sa liste.

 Son projet d’ascension est en bonne voie.

ILLUSTRATIONS : Matt Wingen, Sébastien Pociecha, Cameron Kirby

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