Gilets Jaunes : une révolte virile

Depuis le mois de novembre, les Gilets Jaunes ont vigoureusement sorti la France de sa torpeur. Le mouvement populaire explosif, surgi des zones péri-urbaines et rurales, a fait entendre sa voix lors de milliers de blocages en province et par deux samedi parisiens mémorables où les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, ont duré plusieurs dizaines d’heures. Si l’insurrection s’est cristallisée autour du refus de la hausse des taxes sur les carburants et des impositions de toutes sortes, elle révèle surtout la colère globale du pays profond.
Cette révolte consacre aussi le retour du réel et du viril en politique.

 

De France, mon pote !

« Macron démission ! » « Macron dégage ! » crient les manifestants sur l’Avenue Foch avant d’entonner une « Marseillaise » aux accents gutturaux pour continuer par une salve de « Macron enculé ! » : La France des provinces déboule virilement dans la rue parisienne, La France des ronds-points envahit la capitale des passages piétons arc-en-ciel. Et ce n’est pas pour y délivrer des Hug, y danser la Techno derrière un char de travelos bigarrés, y célébrer un monde informe, « dégenré » et « déracisé », mais pour protester, voix graves et regards feu, drapeaux français et poings levés, contre la dureté de la vie quotidienne et les fins de mois difficiles.
Un torrent magmatique s’engouffre dans les rues parisiennes… Avenue de la Grande Armée ! Avenue Kleber ! Avenue Marceau !… c’est la France des travailleurs précaires, des petits patrons, des indépendants, des chauffeurs routiers, des artisans, des infirmières à domicile, de ceux qui produisent réellement de la richesse dans ce pays, de tous ceux qui doivent « travailler plus pour être taxés plus », face aux « mignons » des ministères et des associations subventionnées qui parlent « fessées », PMA et « regards appuyés », les cris profonds montant du fond des tripes contre les petites « jokes » cyniques, tweetées dans l’entre-soi des salles de rédaction.

La caste des « précieuses ridicules » est dérangée entre sa journée « contre le sexisme» et une conférence sur le « Droit au pénis pour les travailleurs transgenres » ; le petit cénacle argenté, fin-de-règne et frivole que représente tellement bien Macron avec son arrogance de marquis poudré (1) et sa sexualité ambigüe… tremble soudain… et piaille : « Mais que fait la police ? »

 

 

« Je suis profondément choqué de voir les symboles de la France détériorés et salis… » – Édouard Philippe – 1er décembre 2018

 

Social contre Sociétal

Cette France oubliée qui paie toujours mais ne reçoit jamais, ni subventions pour ses zones rurales désertifiées, ni reconnaissance des pouvoirs successifs, ni médiatisation sinon via le mépris goguenard des présentateurs hanounesques, cette France qui subit de plein fouet la mondialisation et l’atomisation sociale, se retrouve aujourd’hui, unie et communiante, sous la bannière jaune des gilets. Elle refonde des solidarités de rond-point autour des thermos de café, elle revit la socialisation sur les barrages et les barricades, par une lutte menée front uni contre un pouvoir inique, hors-sol, aveuglé de post-modernité mondialiste et qui inscrit sa ligne « politiquement à gauche et économiquement à droite » dans la logique des préconisations du Think Tank Terra Nova
Terra Nova ? Un laboratoire d’idées créé en 2008 par des intellectuels progressistes, des militants socialistes et des banquiers (2) qui proposa un changement de stratégie électorale au PS : remplacer le discours social développé jusqu’alors auprès des couches populaires, jugées inintéressantes électoralement (elles votaient de plus en plus pour le Front National) par une offre politique à destination des minorités ethniques et des féministes.
Si François Hollande ne suivit que partiellement les propositions de ce cercle très influent, Emmanuel Macron s’en empara totalement pour construire son discours de gauche devenu « sociétal », lui permettant d’être libéral sur le plan économique.
Les lois désuètes votées contre l’homophobie ou le sexisme par la majorité En Marche, les élucubrations féministes de Marlène Schiappa et les concours d’hystérie « non-genrés » qui s’enchainent sur les plateaux télé sont les fruits de ce calcul électoral. D’ailleurs, Terra Nova n’est pas le seul lobby à œuvrer sournoisement dans ce sens au sein des salons du pouvoir. Des féministes radicales comme Caroline de Haas y ont également leurs entrées. Car si l’on connait Caroline la militante, responsable d’« Osez le féminisme », pour son tweet délirant « Un homme sur deux ou trois est agresseur », on identifie un peu moins bien la très discrète chef d’entreprise du groupe Egae qui multiplie les contrats juteux de missions « contre le sexisme » et pour « la sensibilisation vis-à-vis des ségrégations » avec les entreprises publiques et les collectivités territoriales… (3)
Mais quel rapport avec l’insurrection qui vient, direz-vous ? Le rapport, c’est le mépris gouvernemental pour les préoccupations des Français du quotidien au profit des « quartiers » (votes de lois « antiracistes » et « anti-ségrégations », multiplications des subventions à destination de la « diversité ») et des « minorités de genre » qui représentent une part croissante de la sociologie dominante des centres-villes aisés. Un abandon politique, misant sur la passivité populaire, qui a cependant anticipé un peu vite la disparition du peuple réel, aujourd’hui, massivement insurgé.

 

 

Virilité contre Féminotarisme

Les grandes révolutions ont toujours consacré le retour du viril. La révolution bolchévique de 1917 célébra l’ »homme nouveau », tout comme la révolution fasciste de 1922 ou la Révolution Française qui fit du « sans-culotte », son emblématique soldat.

Le révolutionnaire est le combattant héroïque qui, dans un premier temps, défie les forces de la répression pour ensuite les subjuguer et « prendre le pouvoir ». Que ce soit par la prise de la Bastille, la prise du Potemkine ou « La Marche sur Rome », tout ordre naissant fonde sa mythologie sur un acte initial de possession virile de la place ennemie, symbolique ou réelle.
Le héros est celui qui, par son caractère et son engagement, sa ruse et son courage, mène le peuple vers la victoire contre les soldats du pouvoir, plus vraiment convaincus, sinon mercenaires de la caste dévitalisée qui règne par leg. Il incarne les vertus du nouvel ordre, il est souvent montré debout, martial, bien ancré sur ses deux jambes, torse bombé, poings dressés ou armé pointant sa cible… son regard est fier, ses traits droits et son expression rappelle celle du « Summus operator » de la Rome antique.
D’un côté, les hommes combatifs et affutés, encore minoritaires mais charismatiques, loups à l’orée du bois ; de l’autre, une « élite » décadente à la vie végétative qui a oublié depuis longtemps l’âpre loi darwinienne du « struggle for life », se pensant intouchable, multipliant les excès et cultivant les perversions.
Les pouvoirs crépusculaires craignent instinctivement la menace des hommes virils d’en bas. Pour contrecarrer leur vitalité, les régimes des siècles précédents et ceux de l’Antiquité menèrent longtemps une double politique de corruption et/ou de répression : la carotte pour amadouer les uns, le bâton pour les plus récalcitrants,  l’affranchissement de l’esclave triomphant ou son exécution, l’anoblissement du bourgeois coopératif ou son embastillement s’il devenait trop « gourmant »…
Avec le féminisme, ou plutôt sa mutation idéologique actuelle que constitue le féminotarisme, la caste dirigeante innove pour prévenir toute « révolte virile » : Le féminotarisme, cette « arme de dévirilisation massive », ne consiste plus à défendre des droits féminins légitimes comme le droit de vote ou l’égalité salariale mais à multiplier les injonctions à l’encontre des comportements masculins jugés « déplacés » et « violents ».
L’homme, s’il est blanc et hétérosexuel (4), est sommé de se soumettre à un comportement codifié par les lois d’inspirations féminotaristes sous peine d’être traduit en justice. C’est la judiciarisation de « la main baladeuse », la chasse au « manspreading » dans le métro ou la répression d’une potentielle éducation sexuée des enfants ! Ainsi, les tenants de cette idéologie projettent d’empêcher, dès la naissance, toute construction virile pour en baliser la neutralisation pendant l’enfance, l’adolescence puis l’âge adulte par le biais du système éducatif et de la pression médiatique et sociale. 

Seulement voilà, les féminotaristes ne peuvent imposer leur thème que dans une société totalement pacifiée où les problèmes majeurs ont été réglés et où les qualités viriles n’ont plus aucune utilité. Or, dans la société actuelle devenant de plus en plus dangereuse, tant par l’insécurité qui se propage dans nos centres urbains que par la précarité frappant un nombre croissant de personnes (majoritairement des hommes d’ailleurs), les hommes qui « tiennent la route », ceux susceptibles de « défendre le périmètre » et de « trouver les calories », sont à nouveau convoités par les femmes du quotidien.
Et cela encore, c’était avant Novembre ! Car l’irruption des Gilets Jaunes dans l’espace public, cette révolte fulgurante et massive des vrais gens avec de vrais problèmes, a rendu, totalement inaudibles les jacasseries sur le genre et leurs revendications calculées.

Aussi, la situation actuelle ne bloque pas seulement Macron et ses proches « mignons » mais elle remet en cause les stratégies de domestication activée par des associations et des entreprises militantes comme Terra Nova ou Egae. Beaucoup, chez les Gilets Jaunes comme « ceux des palais », en ont conscience. Les premiers n’en sont que plus déterminés pendant que les seconds s’inquiètent.

 

 

Il est tout de même assez cocasse que l’intelligentsia parisienne dont le discours sur le genre cible obsessionnellement la virilité et la « violence » de l’homme blanc , doive justement sa liberté de s’exprimer et de posséder aux forces de police qui s’érigent entre elle et la banlieue violente.

 

Et vous ?

Il appartient à chacun de se positionner vis-à-vis du soulèvement que je qualifie de viril pour sa forme combative, l’instinct de survie des gens qui l’ont permis et pour les aventures individuelles et collectives qu’il promet.
Le seul conseil que je peux vous donner est celui de l’engagement : 
– A titre collectif, pour épouser une cause qui vous dépasse et relativise vos soucis personnels.
– A titre individuel, pour vous endurcir et vous murir car, vous confronter au terrain  et à des situations de conflit réel vous permettra de « monter en intensité » et de développer des capacités personnelles que vous ne soupçonniez jusqu’alors pas.    
 
Considérez donc chaque manifestation comme une épreuve sportive, un défi à la pesanteur de ce monde, une porte s’ouvrant sur des rencontres impromptues et des possibilités d’actions inédites. Et puis… c’est bon pour la testo !…

 

1- Il est révélateur de faire un parallèle entre le maquillage de ceux qui parlent sur les plateaux télé à la poudre dont la noblesse dévitalisée se couvrait le visage en 1789.

2- Sur ce lien, Terra Nova présente l’ensemble des personnalités qui l’animent ou relaient son action : http://tnova.fr/qui-sommes-nous

3- Sur cette page, Egae présente l’ensemble de ses clients et des missions accomplies auprès d’eux : http://groupe-egae.fr/notre-groupe/nos-realisations

4- Le féminotarisme dont la stratégie repose sur la « convergence des luttes » entre minorités ethniques et inter-genres, chère à l’ultra gauche, ne vise évidemment que le « patriarcat blanc », occidental et hétérosexuel. Pour les féminotaristes (à l’inverse des féministes à l’ancienne), l’islam même rigoriste ne doit jamais être « stigmatisé » et le port du voile est considéré comme un moyen d’émancipation de la femme musulmane « souhaitant se soustraire du regard des hommes ».
La mauvaise foi des plus extrémistes va d’ailleurs jusqu’à relativiser ou même absoudre les viols commis par les migrants ; ces derniers, selon elles, ne maitrisant pas les codes culturels permettant de considérer leurs actes comme des fautes.

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