Entretenir sa volonté

La volonté est LA condition de votre développement personnel. Sans elle, vous ne commencerez rien, vous n’irez nulle part et vous deviendrez le subordonné de ceux qui en ont.
C’est votre volonté qui trace vos journées, qui vous permet de résister aux distractions, de vous remettre en cause, de changer, de bousculer vos routines et les lois que l’on vous a imposées. C’est une énergie qui vous grandit à mesure qu’elle grandit en vous et elle vous mène avec toujours plus de force à votre perfectionnement, à la réalisation de vos projets et, plus globalement à l’amélioration de votre vie.

 

Définir la volonté

Pour le dictionnaire Hachette, la Volonté est « La Faculté de se déterminer soi-même vis-à-vis d’une décision à prendre, d’une action. »
Wikipedia définit la volonté au travers de trois disciplines : « En philosophie, la Volonté est la faculté d’exercer un choix libre et rationnel indépendamment des tendances instinctives.  En psychologie, la volonté est la capacité à accomplir un acte intentionnel, consciemment. En droit, la volonté est un concept associé à l’intentionnalité. »

Ces définitions peuvent paraître incomplètes et un peu floues pour ceux qui veulent « travailler sur leur volonté » : 
– « Faculté », « capacité », « concept » sont des mots qui ne permettent pas de définir la Volonté dans le cadre du développement personnel. Pour qu’elle y retrouve tout son pouvoir, nous qualifierons la Volonté de « Force » ; mot choisi pour « l’énergie » et « l’autonomie » qu’il exprime.
– La Volonté peut certes « déterminer » ou permettre « d’exercer un choix libre » mais elle doit surtout devenir « acte » ; la Volonté ne devenant réelle que dans l’accomplissement… sinon on parle de velléité.  
– Dans notre monde interconnecté où les divertissements sont nombreux, il est important de rappeler la friction permanente de la volonté avec les influences extérieures.
– Enfin, et toujours du point de vue du développement personnel, la Volonté n’est pas seulement la capacité ponctuelle « à accomplir un acte intentionnel, consciemment ». Elle doit aussi être comprise comme un « état de tension permanent » (2), vécu par celui qui ordonne et change les choses autour de lui.

 

Les usages de la volonté

Les usages de la volonté se divisent en quatre grandes catégories :

– La capacité à contrôler ses pensées, assimilée à la concentration quand on travaille, est très complexe dans un environnement envahi par les distractions faites de sons et des échanges démultipliés depuis l’émergence des réseaux sociaux.  C’est une chanson débile dont on ne peut oublier le refrain, le texto envoyé à Cindy dont l’absence de réponse nous obsède ou les « dizaines de trucs » qu’il me reste à faire dans la journée alors que j’écris cet article.

– Le contrôle émotionnel que les psychologues appellent aussi « régulation de l’affect » lorsqu’il s’agit spécifiquement de contrôler son humeur. Le contrôle émotionnel est particulièrement difficile parce que la volonté ne peut en général rien sur l’humeur. Il est possible de penser à autre chose et de modifier son comportement, mais on ne peut pas se forcer à être heureux, ni à aimer quelqu’un. Les stratégies indirectes sont souvent de mise pour chasser la tristesse ou la colère comme aller courir, faire de la méditation, boire ou se goinfrer de chocolats devant la télé.

– La volonté, au sens propre du terme, que les anglo-saxons nomment « Self-control », c’est-à-dire le contrôle des impulsions, la capacité à résister à des tentations divers comme de grignoter entre les repas, de fumer, d’aller sonner chez Cindy, la voisine, ou de se connecter sur FB pour connaitre le succès de son dernier post… alors qu’on a un article à finir ! Il s’agit d’éviter de à commettre un acte qui vous distraie d’une attitude exemplaire ou d’un but fixé.

– Le « contrôle de performance » consiste à focaliser son énergie sur l’accomplissement d’une tâche en cherchant la meilleure façon d’atteindre son objectif, entre vitesse et précision, et en persévérant lorsqu’on a envie d’abandonner.   
On peut compléter cette dernière catégorie par ce que j’appellerai la « Grande Volonté » allant au-delà du simple « contrôle de performance » pour représenter une série d’actes et d’objectifs atteints intégrant un plan élaboré par une personne qui souhaite « se forger un destin ». L’histoire et l’actualité nous montrent de nombreux exemples de destinées qui seront présentées et analysées sur le site. 
Mais revenons au quotidien de la volonté.

 

La Volonté est un muscle

Comparer la volonté à un muscle est la meilleure façon de décrire son fonctionnement au quotidien. Ainsi au même titre qu’un sportif qui va effectuer des séries de tractions ou des levers de poids, vous exercez toute la journée des « exercices » de volonté : vous allez courir, vous décidez de « passer un coup  dans l’appart » avant de partir, vous travaillez pour obtenir un résultat précis, vous résistez à une « pause-clope », vous évitez de prendre un dessert le midi ou vous partez en salle le soir… Autant d’actions quotidiennes qui vont solliciter votre volonté et la réduire au fur et à mesure que vous l’utilisez. Car contrairement à ce que l’on pense toujours avant d’avoir consulté les résultats de certaines expériences de psychologie sociale, toutes les actions qui exigent de la volonté ne la renforce pas (immédiatement) mais vont, au contraire, puiser dans le même stock quotidien et créer de « la fatigue décisionnelle ».
1) La quantité de volonté est donc limitée et permet un nombre d’actions maximum chaque jour tout comme sa musculation permettra au sportif d’atteindre un niveau d’effort déterminé pour effectuer ses « séries ».
2) Nous puisons dans le même stock pour effectuer les tâches qui ne correspondent pas au même type de volonté : si vous avez été dans l’obligation de vous contrôler durant toute la réunion du matin, si en plus vous avez résisté à un dessert et un verre de vin lors du déjeuner et si vous avez refréné votre envie de « claquer » Cindy qui s’est trompé dans le remboursement de vos notes de frais, il vous sera plus difficile de prendre la décision d’aller courir le soir ou de vous contrôler face aux décolletés de « La Piscine » que si vous n’aviez accompli aucun de ces actes de volonté.

 

La volonté se nourrit

D’autres expériences de psychologie sociale menées aux Etats-Unis ont révélé le carburant du cerveau : le glucose, ce sucre de formule brut que contiennent de nombreux aliments au goût sucré ou non (comme le fromage ou la viande par exemple).
Le lien entre le glucose et le self-control est apparu dans les études sur l’hypoglycémie, cette tendance chez certaines personnes à avoir une concentration de sucre anormalement basse dans le sang. La recherche montrait que les hypoglycémiques sont plus enclins à souffrir de troubles de la concentration et ont plus de mal à se contrôler. Ils sont dans l’ensemble plus anxieux que la moyenne de la population : il est apparu qu’un fort pourcentage de criminels et de gens violents sont atteints d’hypoglycémie.
Pour comprendre l’action du glucose sur la volonté, il faut savoir que le glucose présent dans le sang ne pénètre pas dans le cerveau mais se convertit en neurotransmetteurs, ces composés chimiques dont les cellules du cerveau se servent pour envoyer des signaux. La baisse de neurotransmetteurs influe donc sur la faculté de penser et de contrôler ses émotions. Roy F. Baumeister et Todd Heatherton sont deux chercheurs en psychologie sociale qui ont multiplié les recherches et les expériences à partir des années 90 prouvant l’influence du glucose sur la capacité à décider. En 2011, à la suite de nouvelles recherches sur le sujet, Heatherton (1) a non seulement confirmé le rôle central du glucose dans la volonté mais il a également expliqué que le cerveau ne s’arrêtait pas de fonctionner en cas de baisse de glycémie mais qu’il mettait fin à certaines activités et en déplaçait d’autres vers des zones différentes du cerveau. Ce qui pouvait provoquer la fatigue, l’irritabilité et même des phénomènes hallucinatoires.  
La volonté est donc dans l’assiette et pour les adversaires du sucre ce n’est pas une bonne nouvelle.

 

La volonté s’encourage (et se récompense)

Finir un travail à temps, perdre du poids dans le cadre d’un régime ou maitriser un nouveau logiciel après une phase d’apprentissage sont des sources de satisfactions qui vont développer votre estime de soi et contribuer à augmenter votre « stock quotidien de volonté » pour effectuer des tâches plus nombreuses ou exigeant plus d’énergie.
Les résultats en eux-mêmes sont donc des encouragements à « vouloir plus » ; ce qui n’exclut pas d’ancrer un sentiment de bien-être à la fin d’une action réussie en vous octroyant une récompense.

 

# 5 CLEFS POUR ENTRETENIR LA VOLONTE


CLEF N°1 : SE REPOSER

Il faut dormir quand on est fatigué. Cela peut peut-être paraitre « bateau » à lire mais trop d’adultes ne dorment généralement pas assez. Le repos permet de réduire les besoins glycémiques du corps, ce qui améliore l’absorption du glucose qui circule dans le sang. Le manque de sommeil au contraire perturbe l’assimilation du glucose, ce qui a un impact direct sur le self-control et vous rend irritant ou plus sujet au soupçon. Si vous souhaitez garder un bon niveau de volonté et optimiser vos capacités de prise de décision, dormez bien. Si vous dormez mal chez vous, pour différentes raisons, effectuez une sieste de 15 à 20 minutes après le déjeuner. Votre après-midi n’en sera que plus productif.

 

CLEF N°2 : NOURRIR SA VOLONTE

Il n’est pas bon de prendre des décisions le ventre vide. C’est d’ailleurs le meilleur moyen de ne pas vous décider… et de retarder l’échéance. Aussi, faites au moins deux repas complet les journées où vous devez mobiliser toutes vos capacités de décision et de concentration. Et surtout consommez des glucides ! Pour les journées de travail intense, privilégiez les aliments à faible indice glycémique qui vont agir plus durablement (car ils se convertissement plus lentement en glucose dans le sang) : la plupart des légumes, les noix, un grand nombre de fruits crus, le fromage, la viande, le poisson, l’huile d’olive et les bonnes matières grasses.
Si vous avez une épreuve sportive intense à affronter et qui nécessite une énergie plus brutale, comme une course ou un tournoi de MMA, vous pouvez absorber des aliments à indice glycémique élevé qui vous offriront un pic glycémique pendant l’épreuve (pour ensuite faire chuter votre taux de glycémie et créer un sentiment de manque…).

 

CLEF N°3 : SE RECOMPENSER

Il est nécessaire de se créer des moments privilégiés, même infimes, ou de s’offrir un « cadeau » après avoir voulu et atteint un résultat. « Marquez le coup ! » Vous avez finalement « closé » une vente ou enfin mis votre site en ligne … achetez-vous cette paire de chaussures qui vous fait envie ou offrez-vous une bonne soirée avec Cindy et ses derniers dessous « Dita von Teese »…
En agissant ainsi, vous ne faites que dupliquer pour vous-même, les méthodes managériales de ceux qui savent récompenser leurs équipes de ventes ayant atteint leurs objectifs.
Il est important de marquer dignement un moment réussi à plusieurs titres, déjà par ce que le vous le méritez, ensuite parce que c’est bien pour l’estime de soi et aussi… parce que vous pourrez utiliser ce moment de récompense comme ressource !

 

CLEF N° 4 : RESSOURCER SA VOLONTE

Lorsque vous vous vous sentez découragé, en proie à des doutes, tentez cet exercice.
Installez-vous confortablement dans un fauteuil, le dos bien droit et les fesses bien calées contre le dossier, les pieds légèrement écartés à plat sur le sol. « Descendez en vous », « ressentez » en chassant tout pensée. Ressentir c’est sentir la pression du dossier exercée sur votre dos, celle du sol sur votre plante des pieds ou celle de l’accoudoir sur vos bras. Concentrer son attention sur ces ressentis permet de faire disparaitre les idées fugaces, le « petit singe » bouddhiste qui parle et s’agite sans cesse dans votre esprit. Une fois que vous êtes arrivé à un état de sérénité, remémorez-vous un moment particulièrement agréable durant lequel vous avez été récompensé d’une action accomplie ou lors duquel vous avez tout simplement éprouvé une sensation d’accomplissement et de force, d’estime de soi. Des vacances par exemple : cet été en Italie où vous êtes fait plaisir après un premier semestre professionnel particulièrement réussi. Remémorez-vous un moment de ces vacances, peut-être sur une plage, avec la chaleur et le bruit de la mer, les gens au bel accent… ressentez ce moment au travers des sensations visuelles, auditives, olfactives et auditives éprouvées. Concentrez-vous bien à revivre ces instants puis, lorsque vous y êtes, touchez votre main, votre bras ou votre cou du but des doigts. Appuyez quelques secondes en maintenant vos pensées, retirez vos doigts quelques secondes puis recommencez tout en gardant le fil du moment vécu.  Répétez le geste plusieurs fois. Arrêtez :  vous venez de créer un ancrage avec un moment de gratification.

L’exercice est, en lui, déjà bénéfique. Et lorsque vous aurez à nouveau un « coup de mou », touchez à la partie du corps qui a servi d’ancrage pour l’exercice. La « scène de la plage » avec ses sensations vous apparaitra à nouveau et vous ressourcera.
Attention : C’est la qualité de l’attention induite à réaliser cet exercice qui fera un ancrage efficace. Il sera aussi nécessaire de recharger cette ancre, de temps à autre, en renouvelant l’exercice décrit pour lui redonner sa force d’impulsion.

 

CLEF N°5 : COMMUNIQUER 

Partager ses objectifs à atteindre avec les autres est un bon levier pour les atteindre. Pourquoi ? « Parce que dire fait rire et faire, fait taire » : Vous engagez votre crédibilité en communiquant vos projets et vos ambitions et vous n’avez pas envie de passer pour un type velléitaire qui ne tient pas ses engagements. Ce que vous divulguez aux autres à donc plus d’impact que ce que vous gardez pour vous. Vous pouvez passer personnellement outre sur une erreur ou une faiblesse mais les autres seront surement moins disposés à croire aux excuses que vous vous seriez inventées. Et puis communiquer vos efforts ou vos objectifs à d’autres ne risque pas simplement de vous couvrir de honte en cas de manquement. Cela permet aussi de se décharger un peu du fardeau que vous portez seul… et d’avoir des avis extérieurs, des encouragements et des remarques pertinentes sur l’avancée de vos projets.

 

1) Discours de Todd Heatherton, lors de sa nomination en tant que président de la Society for Personnality en Social Psychology, à San Antonio en janvier 2011.

 

ILLUSTRATION : Alora Griffiths

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