Déconditionnement : où commencer ? #2

Après la sensibilisation aux phénomènes d’addictions à l’écran de la première partie de l’article, voici des pistes à envisager dans la vie réelle.

9. Redevenir maitre de ses déplacements
En zone rurale, la possession d’un véhicule personnel ne se discute pas. Surtout pour un père de famille qui doit partir travailler ou emmener ses enfants à l’école, le matin. Et pour rester dans ce cas de figure, la voiture est évidemment préférable pour des raisons de confort et de logistique.
C’est finalement en zone urbaine dense que les choix sont plus complexes… parce que les options sont plus nombreuses. 
En milieu urbain, il est conseillé d’éviter les transports en commun. Déjà parce qu’ils sont comme leur nom l’indique, « communs » alors que vous souhaitez devenir « particulier ». Ensuite, parce que les transports collectifs génèrent une tendance grégaire chez l’individu qui « est agi et conduit », pendant qu’il « est transporté » ce qui s’oppose au principe actif par lequel celui qui conduit, agit de lui-même pour se déplacer… en conditionnant plus son environnement qu’il est conditionné par lui.

11. La moto, véhicule de l’homme libre
Si vous optez pour un véhicule en milieu urbain, préférez le « deux roues » à la voiture. Ce qui permettra de vous affranchir plus aisément des embouteillages et d’une bonne partie des panneaux de signalisation qui formatent le comportement du conducteur automobile. En deux roues, vous circulez donc plus facilement, vous pouvez vous garer rapidement pour « une course » et vous pouvez éviter de louer ou d‘acheter un box sans pour autant stationner sur un emplacement payant toute la nuit. De plus, la conduite exige en permanence de bons réflexes, une vigilance accrue et une exposition directe à la météo qui forment autant de facteurs bénéfiques pour un bon niveau d’adrénaline et la production de testostérones. Que ce soit en scooter, en moto ou même en vélo (bénéfice musculaire et cardio assuré), les déplacements urbains seront toujours plus pratiques qu’en voiture par laquelle vous subissez les pressions d’un environnement souvent inamical (comme à Paris intra-muros) : rareté des stationnements et crainte permanente des vautours de la fourrière, coût du parking, dates d’échéance du contrôle technique, police d’assurance à payer en fin de trimestre, rayures éventuelles commises par les jaloux si vous garez votre modèle sportif « un peu haut-de-gamme » dans un quartier passant, contraventions, signalisation souvent illogique, bobos arrogants qui traversent n’importe comment, conduite improbable des bus et des taxis…

Et puis, dans le registre de l’image chic et sexy, la moto dépasse nettement la voiture. Alors, aucune hésitation.

10. Le métro, votre nouveau terrain d’entrainement
Si vous êtes citadin et dans l’obligation d’emprunter les transports en commun, choisissez le métro plutôt que le bus. Le critère de choix étant la rapidité du transport entre votre point de départ et le point d’arrivée. Votre temps est précieux et vous n’avez pas à le partager avec les touristes, les retraités et les nombreuses catégories d’oisifs qui privilégient « le charme du transport en bus ».
Dans la rame de métro, ne lisez pas ou ne restez pas scotché à votre smartphone, ne vous asseyez jamais pour garder une vue dominante sur les passagers assis. Prenez le contrôle visuel du wagon dont la promiscuité va permettre d’aiguiser votre sens de l’observation. Comptez-y le nombre d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux… observez chacun des passagers (physiques, morphologies, physiologies, expression des visages, tenues vestimentaires…), cherchez une femme qui vous plait et scrutez là de la tête aux pieds pour déterminer en quoi elle vous plait : quelle est la couleur de ses yeux ? Est-elle mariée ? Quel est son style ? Son ethnie ? son niveau social ? Effectuer le même exercice avec les hommes qui pourraient s’avérer physiquement plus forts que vous ? En quoi le sont-ils ? Quelle est la taille de leurs poings ? Montrent-ils des signes de souplesse ou vous apparaissent-ils au contraire un peu raides ?… Multipliez l’exercice sur chacune des personnes présentes comme si vous faisiez l’inventaire du gibier de votre réserve de chasse. En agissant ainsi vous adoptez l’attitude du chasseur, de celui qui mesure, évalue, scrute ; celui qui reste attentif à l’extériorité, alerte et prompt à réagir face à l’improbable qui peut désormais se produire dans chacune de nos villes.
Pour vous déplacer entre deux correspondances, d’une station à l’autre, vous serez tenté de prendre les escalators. Evitez-les. Un escalier mécanique c’est pour le bétail amorphe qui ne veut pas faire d’effort et « se laisse agir ». Vous au contraire, vous commencez à comprendre qu’il faut utiliser chaque élément, chaque obstacle comme un moyen de se tester et d’entrainer sa volonté. Ce n’est pas encore de « l’Urban training » mais l’esprit est là. Les moutons s’agglutinent sur les escalators pour « se laisser monter » vers la sortie pendant que vous gravissez les marches, deux par deux : vous gagnez du temps, de la cardio, un peu de souplesse et vous perdez 5,6 calories. Il n’y a pas de petits profits… surtout quand vous maintenez cette conduite chaque jour de l’année.

11. Choisir vraiment son alimentation
Vous ne « vous laissez pas agir » dans la vie quotidienne, raison de plus pour rigoureusement choisir ce qui vous alimente. Personne ne doit sélectionner à votre place les matières qui pénètrent votre corps pour y être digérées. Commencez par vous détourner des « plats préparés », du sandwich « poulet curry » de la boulangerie du coin (avez-vous vu les mains de celui ou de celle qui a préparé le sandwich que vous croquez à pleines dents ?), de « la pizza à emporter » aux produits de fast-food en passant par les plats transformés, à disposition dans les grandes surfaces.
La règle est simple : préparez vos plats à partir d’aliments primaires que vous prenez le temps d’acheter. Sélectionnez rigoureusement légumes, fruits, viandes et laitages. Consacrez ensuite une tranche horaire pour cuisiner vos plats vous -mêmes. Le bénéfice est immense : vous faites de l’acquisition de compétence en art culinaire (même sur des plats simples), vous créez et transformez de la matière « de vos mains » et vous absorbez des aliments 100% identifiés. Lorsque vous choisissez des produits en rayon, comme de l’eau par exemple, n’oubliez pas de lire les étiquettes des produits : cela peut s’avérer instructif comme de constater que cette eau que vous choisissiez jusqu’à présent pour son goût, affiche plus de 5% de taux de nitrate.

12. Devenir un consommateur vigilant
Ce qui vaut pour votre alimentation, vaut également pour l’ensemble de votre consommation. Soyez attentif aux meubles, objets, appareils électro-ménagers dont vous faites l’acquisition. Consultez les fiches techniques et regardez les avis de consommateurs sur le produit avant de prendre la décision d’achat. D’ailleurs, n’achetez jamais sous l’influence d’une pub ou l’impulsion du « bon d’achat » : Ne vous soumettez pas au cerveau d’un autre par le biais du marketing.
La vraie bonne question à se poser avant de passer au règlement de tout achat, substantiel ou non, est : « En ai-je vraiment besoin ? » ; interrogation que vous pouvez agrémenter d’un « Qu’est-ce qui m’a influencé pour que j’arrive au terme du processus d’achat ? », « Pourrais-je faire une acquisition plus judicieuse avec la somme investie ? ».

13. Ne pas consommer « fêtes »
Le « système » impose peu à peu ses propres marqueurs sur l’année « traditionnelle » rythmant la vie ses pays d’Europe depuis des siècles. L’année traditionnelle a ses passages équinoxiaux, ses portes solsticiales annonçant une saison, ses moments d’accélération ou de ralentis (entre le solstice d’hier et le 31 décembre), ses temps de fêtes… N’avez-vous pas remarqué, durant ces dix dernières années, la multiplication des « journées internationales » qui souvent, encouragent à célébrer les « conquêtes progressistes ? Certaines passent inaperçu du fait de leur insignifiance comme « la journée du câlin », d’autres, plus idéologiques, nous sont rappelées chaque année par les médias : de la journée de la femme à celle de « la lutte contre l’homophobie », en passant par la « journée de prévention des crimes contre l’humanité » ; chacun est sommé d’avoir une « petite pensée » ou de « faire un petit geste » dans le cadre professionnel ou à l’école. (1) Boycottez finement.
L’homme libre s’affranchit des « journées » tout comme il évite de répondre aux « coups de sifflet » marchands incitant à fêter « la musique » le 21 juin, « Halloween » la nuit du 31 octobre ou « le beaujolais nouveau » dont on dit souvent qu’il fallait une fête pour faire accepter sa médiocrité. Le cas plus épineux, restant la St-Valentin. Car lorsque l’on est « avec quelqu’un », nous sommes évidemment tentés (et surtout contraints moralement) de « lui » faire plaisir, de « marquer le moment » par des fleurs ou un restaurant. La bonne alternative, conseillé dans ce cas, est de proposer à votre amie (ou femme) de fêter l’évènement, un jour avant ou après, démontrant ainsi la particularité de votre attachement et le caractère unique de votre couple car… « vous n’êtes pas comme les autres. »

14. S’éloigner du troupeau mondialisé
Nul besoin de souligner longuement les comportements grégaires que génèrent les moments footballistiques. La dernière Coupe du Monde avec ses moments de « communion », de « partage », « d’émotion », entrecoupés de matraquages publicitaires (et ponctués de violences massives), est restée dans toutes les mémoires. Dans les centres-villes, chacun était lourdement convié à participer à l’évènement, à rejoindre le beuglement alcoolisé pour soutenir l’équipe de France, sous peine d’être traité de rabat-joie ou de raciste (l’équipe était majoritairement africaine) ; tous devaient en être : les « Dupont-Lajoie » qui, chaque jour de l’année, fustigent l’immigration et l’arrivée de migrants pauvres, se retrouvèrent en première ligne, pour acclamer les joueurs africains.
L’abstention est bien sûr de rigueur sur ce genre d’évènements qui ont l’avantage d’être de courtes durées.

15. Être réellement vacant
Si vous n’avez pas d’enfant, nul besoin de participer à la transhumance estivale. Nos villes sont belles en été, profitez-en d’autant mieux pour les redécouvrir que la foule les a désertés… et prenez vos vacances hors-saison. Vous en tirerez de multiples avantages en termes de prix, de possibilités locatives et de désengorgement touristique.
Prenez du temps pour trouver des destinations décalées, spéciales, « à votre image » et qui ne constituent pas des « spots » annoncés par les médias où vous retrouverez tous les bobos détestables de l’hexagone. Là encore, vous en tirerez des bénéfices en termes de prix, de locations et de liberté de mouvement.
Enfin, dernier conseil qui peut paraitre une évidence au vu de la teneur de l’article, ne prenez pas des vacances de promiscuité « en club » et évitez les formules « all inclusives » où l’on vous propose des prestations formatées.

L’objectif de cet article n’est pas de vous marginaliser, de vous rendre rétif à toute vie sociale. Il s’agit seulement d’aiguiser votre vigilance vis-à-vis des automatismes qui altèrent votre jugement (et donc vos actions) et des distractions qui peuvent générer de la procrastination. Ces influences constituent autant de formatages que vous subissez inconsciemment du matin au soir ; elles peuvent, pour certaines, évoluer vers des comportements compulsifs ou addictifs qui, eux, vous isoleront socialement.
Si vous souhaitez être cet homme libre, chasseur et maitre de lui, apprenez d’abord à vous débarrasser de ce qui vous traque et vous soumet. 

(1) La liste suivantes des « journées mondiales » en dit long sur la volonté de transformer nos années.
https://www.journee-mondiale.com/les-journees-mondiales.htm

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